Et si notre puissance servait notre matrimoine ?
Nous avons de l’ambition. Nous avons construit notre carrière. Nous savons où nous allons, au moins, la plupart du temps. Mais qu’en est-il de notre argent ?
Bienvenue à la Matrimoney Academy !
Pendant longtemps, l’argent n’a pas été un sujet féminin. Il a été un sujet transmis, administré, codifié souvent sans nous. Les chiffres sont clairs : en Europe, les femmes possèdent en moyenne 30 à 40 % de ‘patrimoine’ en moins que les hommes, selon l’OCDE. En Belgique, les écarts de richesse s’expliquent moins par l’épargne que par l’accès différencié aux actifs : immobilier, entreprises, investissements financiers (Banque nationale de Belgique, 2022).
par Marie Guérin
Ce déséquilibre est une construction historique.
Alors revenons sur ce mot ‘patrimoine’ qui en est un révélateur critique. Étymologiquement, il désigne l’héritage du père. Le capital transmis, conservé, protégé au sein d’une lignée masculine. Pendant des siècles, la fortune des femmes a existé, mais rarement sous leur contrôle : administrée par un père, puis par un mari, parfois par un frère. Résultat : la transmission s’est structurée de père à fils alors que la transmission mère-fille plus fragmentaire, silencieuse.
Les enquêtes sociologiques convergent. Les mères parlent peu d’argent à leurs filles. Par pudeur. Par peur. Par héritage culturel aussi. L’argent est perçu comme un risque, rarement comme un outil de projection ou de puissance. À l’inverse, les fils sont plus tôt exposés aux notions de patrimoine, d’investissement, de continuité économique (INSEE, 2023).
Mais ça, c’était avant !
Ce silence a un coût.
Car on ne transmet pas seulement des actifs. On transmet des réflexes, des cadres mentaux, une autorisation à penser grand. Réhabiliter le mot ‘matrimoine’, ce n’est pas un geste militant accessoire. C’est une opération intellectuelle et économique.
Le matrimoine, c’est l’héritage pensé, constitué et transmis par les femmes. Non comme un contre-pouvoir symbolique, mais comme une architecture autonome. Une manière de poser une question centrale : à quoi ressemble un empire lorsqu’il est conçu par une femme, pour durer et pour être transmis ?
Aujourd’hui, les femmes leaders créent des entreprises, investissent, dirigent, innovent. Mais beaucoup le font encore sans grille de lecture patrimoniale claire. Sans stratégie de transmission. Sans langage commun pour penser la continuité.
Or bâtir, ce n’est pas seulement gagner.
C’est organiser ce qui restera !
Qu’avons-nous reçu, nous, de nos mères, en matière d’argent ?
Souvent, des valeurs. Rarement des outils.
Que voulons-nous laisser, à notre tour?
La Matrimoney Academy est née de cette réflexion. Pas pour “éduquer” au sens condescendant du terme, mais pour outiller des femmes déjà puissantes, afin qu’elles puissent structurer, protéger et transmettre ce qu’elles construisent en conscience.
Oui, mais c’est quoi ?
J’y viens, enfin. La Matrimoney Academy est donc une newsletter éditoriale, avec des articles engagés sur la gestion de notre matrimoine (d’ailleurs, j’ai hâte que vous découvriez les belles plumes que j’ai castées pour vous !) et une série de conférences exclusives, en petit comité, avec des invité·es prestigieux·ses dans un cadre magnifique (on y mange très bien !)
Alors, et c’est important, que l’on soit bien claires : les portes sont grandes ouvertes aux hommes, bien sûr ! Comment pourrait-on bâtir un empire sans alliés ? J’espère qu’ils seront au rendez-vous.
C’est ça l’intelligence du capital au féminin.
Nommer ce qui est tu.
Et transformer un héritage subi en matrimoine choisi.
Crédit image: Giovanni Boldoni, An Elegant Lady, 1871